Le premier gouvernement de l’alternance pacifique, un monstre international

Nommé par ordonnance présidentielle à l’aube du 27 août 2019, le premier gouvernement de l’alternance pacifique et démocratique de l’histoire politique de la RD Congo n’est toujours pas constitué définitivement afin de prendre son envol, passer à la vitesse de croisière, se mettre au service de la Nation congolaise et produire les fruits que le peuple attend de lui.

Jusqu’à ce début du mois de juin 2020, les Arrêtés portant formation et fonctionnement de différents cabinets ministériels ne sont toujours pas publiés. Et dans l’entretemps, nous avons affaire à des hommes et des femmes d’Etat en quelque sorte ‘’non autorisés’’ pour ne pas dire ‘’assermentés’’ qui accèdent jusqu’au noyau intérieur des secrets de la République. Et dans ces cabinets ‘’provisoires’’, il y a du n’importe quoi et n’importe qui, un véritable méli mélo. Nous citons quelques faits observés, qui sautent aux yeux de tout esprit éveillé et risquent de faire perdre l’espoir à tout un peuple opprimé pendant plus d’un demi-siècle :

1°. La plupart des Ministres n’ont pas voulu mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Vous trouverez, par exemple, le cabinet d’un Ministère à caractère technique confié pour direction à un homme de lettres et vice versa, pour la seule raison que le concerné est une parenté du Ministre, parfois même son propre fils.

Pour illustration, il n’est pas vraiment logique, même pour des raisons politiques, comme on le prétend, qu’un Médecin puisse être directeur de cabinet du Ministère de la Justice ou un Juriste être directeur de cabinet du Ministère des Mines. Ou encore, un Ingénieur ne peut être directeur de cabinet du Ministère de la santé ou un philosophe dirigé le cabinet ministériel des Hydrocarbures. C’est çà le véritable méli mélo qui présage l’accouchement d’une souris pour ce gouvernement tant attendu. Un fiasco de plus !

A part ce méli mélo, certains directeurs de cabinets ou leurs adjoints n’ont même pas un diplôme d’Etat ou l’équivalent, mais ils sont là seulement pour de bons et loyaux services rendus à leurs maîtres avant de devenir ministres. Et pourtant, un directeur de cabinet est le véritable patron de ce dernier, le chef d’orchestre ou le maestro qui est sensé comprendre et connaître la matière de son Ministère et par qui passent tous les dossiers avant d’entrer chez le Ministre.

2°. Certains cabinets ministériels, à défaut d’être des coteries tribales, sont devenus des officines internationales qui ont ouvert leurs portes et donné confiance à des étrangers, des apatrides ou des gens auto-nationalisés ou autoproclamés congolais ou congolaises. Pour illustration, vous trouverez des gens qui accèdent aux grands secrets de la République Démocratique du Congo sans être eux-mêmes des congolais ou des congolaises. En dehors des congolais européanisés, nous trouvons actuellement des Libanais, des Indo-pakistanais, des Sénégalais, des Maliens, des Ougandais, et tant d’autres étrangers, tous auto nationalisés selon leur propre bon vouloir.

3°. Pendant les 9 mois de cabinets ‘’provisoires’’, certains Ministres se sont plus à aligner leurs travailleurs domestiques (jardiniers, lavadeurs, sentinelles, chauffeurs et autres) sur la liste de paie des cabinets avec titre de ‘’conseillers’’, au moment où les hommes utiles, qualifiés, expérimentés et compétents sont restés en suspens et en souffrance, sans qualification au cabinet et sans salaire, dans l’attente perpétuelle d’un Arrêté qui a tardé longtemps à venir : 9 mois, la durée d’une grosse humaine.

Comme pour faire rire, on a vu un jeune homme diplômé en Droit faire le facteur du cabinet, un autre médecin de son état faire le chauffeur, en attendant toujours la sortie de ce fameux Arrêté ministériel, qui reste attendu jusqu’à ce jour comme le retour du Sauveur Jésus Christ.

Entretemps, avec les salaires des agents que les Ministres ont grignotés et manipulés pendant 9 mois, certains d’entre eux se sont construit même des buildings en étage, çà et là, à travers la ville. Un début fracassant qui annonce les couleurs.

4°. Tous les Ministères générateurs de recettes  publiques ont une prime spéciale pour leurs agents administratifs et membres des cabinets, chacun selon sa propre  organisation. Et pendant les 9 mois de ‘’transition’’, certains Ministres ont manipulé ces primes à leur guise, sans transparence. Forts de ces détournements, ils sont devenus de véritables barons sur la ville, au bout de 9 mois seulement.

Somme toute, ce que le Peuple congolais demande à Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et à Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement, Ilunga Ilunkamba, c’est surtout de ne pas le laisser vivre seulement d’un mirage d’espoir ; de le préserver contre les humiliations à répétition, en laissant certains Ministres cracher sur la fibre du nationalisme et du patriotisme.

Nous croyons que depuis 1885 jusqu’à ce jour, les congolais et les congolaises sont suffisamment murs, instruits et éduqués pour ne pas se faire coloniser encore par des Libanais et des Indo-pakistanais, ou se faire diriger par des hommes et des femmes apatrides ou congolais autoproclamés, surtout sans qualification ; des gens auxquels leurs propres nations ne peuvent même pas reconnaître et attribuer une petite parcelle de pouvoir public.

Excellences, veuillez ne pas cracher sur la mémoire de Lumumba, de Mzee Kabila, de Tshisekedi et de tant d’autres vaillants hommes et femmes, nationalistes et patriotes,  qui ont consacré tous leurs efforts pour la prospérité du Congo, parfois jusqu’au sacrifice suprême.

                                                                                                                                         Les Patriotes 

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